L'Oeil de l'Observateur: Beauté naturelle VS Éleveur ignorant

De WikiTodons.


Crédits

Ceci est une traduction de l'article "The Eye of the Beholder : Natural beauty vs. the ignorant breeder" (an) en partenariat avec le site internet Degutopia qui nous a autorisé à le traduire.

Remerciements

Toute l'équipe de Dingues des Todons remercie chaleureusement le Dr Chloe Long (site Degutopia) pour nous avoir permis de traduire ses articles et d'utiliser ses photos, ....

L'Œil de l'Observateur : Beauté naturelle vs. Éleveur ignorant

Degutopia - dédié à la santé et au bien-être des dègues du monde entier.

22 novembre 2004


L’Œil de l'Observateur :

Beauté naturelle vs. Éleveur ignorant

Article de Chloe Long


L'homme recherche constamment la perfection. De l'amélioration de voitures à la re-conception de meubles, nous percevons des défauts partout, et chacun y va de sa petite idée quant au perfectionnement. Mais jusqu'où irons-nous? Depuis plusieurs siècles nous élevons un large panel d'animaux et nous les modelons de manière à ce qu'ils conviennent au mieux à nos propres besoins. Les vaches laitières sont soigneusement sélectionnées dans le but de produire du lait plus rentable, les chevaux pur-sang pour de meilleures vitesse et endurance. Voici des exemples "d'améliorations" que les Hommes ont réalisées sur des animaux domestiques qui les rendent plus précieux à leurs yeux. Mais qu’en est-il de l’élevage de nos animaux de compagnie ? Depuis qu’il n'y a plus besoin d’améliorer la morphologie de nos animaux à profit personnel (nous n'en avons plus besoin pour chasser, par exemple), nous nous évertuons à modifier leur apparence, à les rendre "plus beaux" et donc plus convoités. Mais quel prix payent donc nos animaux pour cette soi-disant beauté ?

Grâce au phénomène de la sélection naturelle, les animaux livrés à eux-mêmes génèrent les modifications physiques nécessaires à leur survie ; et elles leur profitent à eux seuls. Les interventions humaines sur ce processus naturel impliquent non seulement une sélection de traits que nous croyons mieux pour nous, mais aussi l'irréflexion à propos des conséquences de ce tri sur l’animal. Par exemple, des chats Persan ont été choisis dans le but de perpétuer les caractéristiques de la race : longs poils soyeux et têtes courtes et plates. Cependant, de telles particularités posent problème. En effet, leur pelage nécessite un brossage souvent long et contraignant au risque que les poils s’emmêlent, deviennent ternes et chutent. Cette chute produit en elle-même son lot de dangers qui se matérialise sous forme de grosses boules de poils que le chat avalera inévitablement au cours de sa toilette (chose qui pourra causer, à terme, une occlusion intestinale). Il en va de même pour le visage "écrasé" du chat qui peut paraître attirant pour les amateurs de persans, mais qui lui cause par ailleurs des difficultés respiratoires aigües et des problèmes nasaux. Les Hommes aspirent si ardemment à conserver ces traits qu’ils s’efforcent de créer des spécimens de plus en plus "parfaits" ; en réalité, ils ne font qu’accroître les problèmes de santé de leurs chats.

Les octodons font face à une situation similaire. Comme s’ils n'avaient pas assez de complications génétiques avec une consanguinité chronique, les "éleveurs" – notamment en Allemagne et aux Pays-Bas – sont actuellement en train de créer des mutations de couleur noire, grise, blanche et bien d’autres encore ! Ces nouvelles couleurs sont créées via des croisements génétiques poussés. Ceux-ci conduisent à une consanguinité telle chez les octodons, que ces mutations génétiques ne sont en réalité que des anomalies de couleurs déjà existantes. Quel impact cela a-t-il sur la santé des octodons concernés ? Nous n'en savons strictement rien... Il s’agit d’une problématique si récente qu’il est difficile de discerner les complications spécifiques aux octodons "mutants" ; ce qui est sûr, c’est que leur durée de vie en est réduite (parfois de plusieurs années) et les désagréments inhérents à cet animal tels que les difficultés dentaires et le diabète sont considérablement accrus.

Nous savons déjà que nos petits octodons de compagnie ont une espérance de vie nettement moins élevée que leurs semblables sauvages, qui peuvent vivre jusqu’à l’âge canonique de 12 ans. Ces éleveurs et leurs "efforts d’amélioration" pourraient bien enfoncer le "dernier clou" du cercueil des octodons… A moins qu'ils ne prennent la responsabilité d'améliorer la condition physique de l’animal et de faire passer son bien-être avant leurs désirs égoïstes, ils ne peuvent qu’apporter souffrance innommable (et évitable) à nos animaux de compagnie. Dans quel monde vivons-nous, pour être axés sur nous-mêmes et nos propres jugements de valeur à un tel point que nous en oublions la santé de nos animaux, et allons même jusqu’à les torturer au nom de la "beauté" ?

Bien sûr, il y aura toujours des "éleveurs" ignorants des dommages qu'ils infligent à des êtres vivants. Pour moi, la beauté est intérieure tandis que le bien-être et la vigueur d’un animal sont les seules caractéristiques qui le rendent "beau" !

Outils personnels
Dingues des Todons